Repenser la formation traditionnelle devant l’omniprésence des TI

repenser-formation-traditionnelle

L’utilisation grandissante des technologies de l’information (TI) amène les formateurs à investir davantage d’énergie dans la formation traditionnelle pour la rendre plus engageante et génératrice de résultats. Alain Beaudoin, président-directeur général et associé chez IC Formation, nous explique comment les principes du théâtre, la communication d’impact et la cocréation peuvent être utilisés pour améliorer la rétention des connaissances ainsi que leur transfert sur le terrain.

En quoi les TI bouleversent-elles la formation traditionnelle?

L’arrivée des TI a considérablement changé la donne, notamment en ce qui concerne l’affectation des budgets de formation. Aujourd’hui, une grande part des budgets est investie dans l’utilisation des technologies, que ce soit le e-learning ou les outils collaboratifs. De ce fait, une certaine « pression » est mise sur la formation en salle, dite traditionnelle, qui doit avoir plus d’impact. Par ailleurs, les TI ont mis à la disposition des formateurs et des apprenants une multitude de nouveaux outils, dont ceux permettant la formation « juste à temps » et sur le terrain. Elles contribuent aussi à la démocratisation de la formation en la rendant accessible à beaucoup plus de gens.

Le véritable enjeu de l’omniprésence des TI est de focaliser sur les résultats attendus : peu importe les outils utilisés à des fins de formation, l’essentiel  est de générer l’augmentation attendue de la performance. En ce sens, il est important de se questionner sur chacun des moyens envisagés pour déterminer s’ils contribueront réellement à atteindre les objectifs, plutôt que de chercher à suivre les dernières tendances technologiques. Les TI ne sont pas une fin en soi; elles doivent être utilisées stratégiquement en complément à la formation traditionnelle pour générer un maximum de résultats.

Comment les principes du théâtre et de la communication d’impact peuvent-ils améliorer la rétention et le transfert des connaissances?

La mémoire comporte une importante dimension émotive et le métier de formateur, que ce soit par le biais des TI ou non, est de créer des souvenirs. Pour ce faire, le formateur peut, entre autres, utiliser l’environnement et les principes du théâtre. Selon moi, il est important de voir plus loin que l’aspect pédagogique d’une formation; il faut penser à sa « mise en scène ». Par exemple, on peut adapter une salle de formation pour créer un environnement propice à l’apprentissage ou bien se servir d’une histoire pour solliciter l’imaginaire et créer un impact. Une variété d’éléments, que ce soit les images, les odeurs ou les sons, peuvent être utilisés pour créer un environnement dynamique et stimulant.

La communication d’impact peut aussi être utilisée ; il suffit de s’inspirer de la façon dont sont formés les acteurs et les comédiens. Travailler sa voix, son ton, sa gestuelle, utiliser le silence… l’objectif est de laisser des souvenirs durables dans notre manière de communiquer  l’information pour ainsi générer un transfert des apprentissages sur le terrain. D’autant plus qu’avec la nouvelle génération d’apprenants, l’interactivité est d’une importance capitale. Notre métier est devenu, à mon avis, trop normalisé, méthodologique, pédagogique, cérébral. On omet bien souvent d’utiliser et de susciter l’émotion. Il faut sortir des sentiers battus!

Quel est l’apport de la cocréation en formation?

La cocréation consiste, pour une entreprise, à développer des produits ou des services en collaboration active avec ses clients de façon durable. En formation, cette approche, qui mise sur l’entraide et la coopération, est utilisée de différentes façons pour créer des formations, traditionnelles ou non, qui génèrent des résultats probants.

D’abord, du point de vue du concepteur, la cocréation consiste à impliquer le client dans toutes les étapes du processus de conception, que ce soit dans l’analyse des besoins, la conception du design pédagogique ou le développement du matériel de formation. Elle change le rapport concepteur-client en permettant au client de contribuer activement à la création plutôt que de simplement y « réagir ». La cocréation vise également à faire travailler les concepteurs en équipe sur un projet plutôt qu’en silo sur des projets différents, ce qui contribue à consolider les équipes. Plusieurs firmes de conception peuvent aussi collaborer et œuvrer dans un but commun au bénéfice du client, voire pour faire avancer le domaine en général. Finalement, l’apprentissage en soi implique la cocréation si le formateur amène l’apprenant à se questionner sur ce qu’il peut retirer de son expérience d’apprentissage et appliquer sur le terrain plutôt que de seulement vouloir chercher des outils, des trucs et des recettes.

Que ce soit par l’utilisation des principes du théâtre, de la communication d’impact ou de la cocréation, l’important est d’innover dans nos façons de faire en formation traditionnelle.

img_alain_beaudoinFort de plus de 25 ans d‘expérience en gestion de projet, en formation, en consultation et en développement organisationnel, Alain Beaudoin est reconnu pour être axé sur les résultats, pour sa créativité et son énergie. Il se passionne pour la mise en scène de la formation et sur l’élaboration de stratégies et de programmes de formation dans l’action qui sont innovateurs et performants. Il présentera l’atelier Réinventer la formation sans la technologie au Boot Camp sur les stratégies de formation, le 11 juin prochain, lors duquel les participants expérimenteront une approche de cocréation.

Laisser un commentaire

Seul votre prénom et commentaire seront affichés sur le blogue. Les autres informations resteront confidentielles.